Voici un fichier qui fait froid dans le dos, d’autant qu’il est tenu en toute tranquillité apparemment en Allemagne, ce qui peut raviver de biens mauvais souvenirs…
Il s’agit du Fichier Elena, qui recense dans le 1er pays européen les bons et les mauvais salariés :
http://www.dailymotion.com/videox7kc7b
Vidéo archive : Rappel des 40 fichiers et plus existants en France… – Dailymotion
<< ELENA – un fichier national des « mauvais salariés »
En 2008 le fichier nommé ELENA gagne le prix BigBrotherAward dans la catégorie politique pour l’enregistrement des salaires et ressources de tous les salariés en Allemagne. Une année plus tard on découvre encore d’autres « qualités » à ELENA : c’est aussi une base de données qui fiche tous les grévistes avec le temps de grève, la légitimité de la grève, mais aussi les salariés licenciés avec la raison du licenciement et d’autres informations sensibles. Le besoin de l’État que le citoyen soit transparent est symptomatique de nos jours.
Postface à la
conférence pour l’attribution du BigBrotherAward 2008 dans la catégorie politique. Ce qui ressemble à un mauvais rêve, ou disons-le franchement, à un cauchemar, est la réalité :
un fichier national qui recense le temps de grève de tous les salariés d’Allemagne, la légitimité ou non-légitimité d’une grève, les rappels à l’ordre à l’égard des employés, des temps de lock-out et, accrochez-vous, les raisons d’un licenciement (faute grave, refus de suivi d’ordre, inadaptation, incompétence etc.). C’est le fichier des « bons » et des « mauvais » salariés. Il est important de savoir (surtout pour un employeur) si un postulant a un jour dans sa vie participé à une grève estimée « non légitime ». Pas de ceux-là dans notre entreprise ! Théoriquement, l’entreprise n’a pas accès à ces données hautement confidentielles. Théoriquement. Et théoriquement, une démocratie digne de ce nom n’a pas besoin d’un tel fichier.
La justification de ce beau fichier est (non, cette fois-ci ce n’est ni le terrorisme ni la pédophilie) une « simplification » des démarches administratives, un gain de temps et d’argent, une sécurité contre la fameuse fraude dans la demande de prestations sociales et un « avantage » pour les salariés qui auraient rapidement besoin d’une attestation de travail que l’employeur refuserait de leur fournir (dans les temps). C’est pour ces raisons prétextées qu’un fichier central national de salaire est introduit sous le doux nom d’une jolie dame : ELENA. (Elektronischer Einkommensnachweis que l’on pourrait traduire par « preuve électronique de revenus »). Et par la même occasion, on enregistre d’autres données comme celles sur des grévistes et autres péchés anticapitalistes tant qu’on y est.
Le fichier était si « bien fichu » et si peu respectueux de la vie privée qu’il a gagné le BigBrotherAwards (BBA) de 2008 les doigts dans le nez, mais à ce moment c’était uniquement (et c’était largement suffisant) pour le stockage central national des salaires de tous les salariés d’Allemagne, ce qui est déjà en soi un abus de fichage. Mais quand l’anti-prix BBA fut attribué par Foebud – l’association qui organise les BBA – l’intention que d’autres données hautement sensibles comme le temps de grève, la raison du licenciement etc. devraient aussi être enregistrées dans ce fichier n’était pas encore connue. Le BBA est donc doublement mérité.
Le quotidien Frankfurter Rundschau titre le 14 janvier 2010 : Qui fait la grève sera fiché.
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A méditer, la concurrence entre les fichiers les plus totalitaires et les plus pro-NWO est lancée : qui gagnera le Pompon au final ? Sans doute le monde entier, mais déjà certains pays semblent en avance…