Le canard enchainé est souvent présenté comme l’empêcheur de tourner en rond et le Sauveur de la République, le Dernier Recours quand plus rien ne va…
Et tout cela n’était qu’une supercherie de plus, et que le Canard enchainé n’était en réalité qu’un outil formidable d’influence au service des élites discrètes ?
Vidéo : alors, le Canard enchainé : pro ou anti-Système, pro-ou anti-Sarko ?
C’est en tout cas le sens d’un livre (Le vrai Canard
) et éditos récents : selon ces observateurs attentitfs, le Canard enchainé pourrait davantage servir les Pouvoirs établis que les inquiéter…
Et d’expliquer la situation économique et financière confortable du Canard par ce positionnement particulièrement « malin », alors que toute la presse est touchée de plein fouet par la crise… Et pan sur le Bec !
A chacun et chacune de se forger sa propre opinion, nous citerons néanmoins un article de Médiapart pour l’alimenter :
Extrait 1 (source Mediapart.fr) :
<< S’il y a un journal inattaquable sur le terrain de l’indépendance en France, c’est bien Le Canard enchaîné. Deux journalistes, Karl Laske et Laurent Valdiguié, viennent de faire une entaille dans cette certitude nationale avec leur ouvrage Le Vrai Canard, qui sortira le 26 novembre chez Stock. Les auteurs, l’un journaliste à Libération et l’autre à Paris Match, ont mené une longue enquête sur l’hebdomadaire pour en ressortir avec un livre de 500 pages et quelques saillies qui pourraient faire vaciller l’aura de cette institution de la presse hexagonale. La plus déconcertante d’entre elles veut en effet que ce modèle de quatrième pouvoir se soit compromis avec un certain… Nicolas Sarkozy.
Comme l’expliquent dans leur préambule les auteurs, la trame du livre consiste à interroger l’indépendance (journalistique) du Canard enchaîné sur ces quarante dernières années, nonobstant l’absence de publicité dans ses pages et une structure capitalistique apparemment saine – le journal appartient exclusivement à ses journalistes.
Enquêter sur ses confrères, même si la confraternité est une valeur en berne dans la profession, est un exercice délicat et périlleux dans un petit monde où s’entrechoquent souvent ego, vilénies et duplicité. C’est le parti qu’a pourtant pris le duo Laske/Valdiguié à propos d’un menhir médiatique a priori intouchable. Deux ouvrages, seulement, avaient jusqu’ici été écrits sur Le Canard (voir Prolonger). Toujours louangeurs.
L’idée force de ce livre-là consiste à démontrer que Le Canard enchaîné a rangé sa fiole d’acide au placard et n’est pas exempt de compromissions intellectuelles, voire politiques, à mille lieux de sa réputation.
Si la thèse d’une mollesse du journal sous le règne de Mitterrand est largement connue, celle d’un sarkozysme rampant au sein de la direction du palmipède et de «liens étroits» entretenus avec la présidence actuelle l’est, en revanche, beaucoup moins. C’est pourtant ce qu’avancent, exemples à l’appui, Karl Laske et Laurent Valdiguié dans Le Vrai Canard. Le directeur du journal, Michel Gaillard, s’est dit «sidéré» de telles accusations dans une lettre envoyée récemment aux deux journalistes.
Ceux-ci affirment notamment que Le Journal de Carla B., faux journal intime de la première dame de France, est en fait en grande partie alimenté par Pierre Charron, l’un des plus influents conseillers en communication du président de la République. Ce que Charron confirme dans le livre: «Il m’arrive de faire passer des messages», glisse-t-il, malicieux. «C’est le vrai journal de Carla», abonde encore un conseiller sarkozyste, François-David Cravenne. Qui ajoute que Carla Bruni-Sarkozy «adore» ce qu’elle appelle «son» journal et se plaît à en faire une lecture amusée tous les mardis soirs à son président de mari. >>
Extrait 2 (source Mediapart.fr) :
<< «Est-ce qu’il y a des gens séduits par Sarko? C’est possible», confie dans le livre Claude Roire, un pilier du journal au sujet du journaliste et administrateur du titre, Nicolas Brimo. «Nicolas n’est pas sarkozyste. Mais il trouve que Sarko a du culot, de la présence d’esprit. Qu’il est assez énergique», poursuit Roire.
Le livre rappelle une anecdote que L’Express avait relatée en avril dernier selon laquelle un journaliste du Canard – en l’occurrence Jean-Michel Thénard, un ancien de Libération – est tombé «sous le charme» de Carla Bruni à l’occasion d’un repas «sans chichi». L’anecdote est on ne peut plus dérangeante pour un hebdomadaire dont la mythologie interne veut que ses journalistes évitent toute sorte de compromission avec le pouvoir en succombant, par exemple, aux sirènes des dîners en ville. Conclusion des deux auteurs: «Déjeuner avec une première dame n’était déjà pas anodin, mais associer un communicant de l’Elysée à la rédaction d’une chronique, ça l’était encore moins.»
Toujours sur le même thème, Valdiguié et Laske continuent à charger le Canard en affirmant que sa fameuse page 2, consacrée aux indiscrétions politiques et baptisée «La mare aux canards» (la rubrique paraît-il la plus lue et la plus appréciée des lecteurs mais aussi du microcosme), est en fait un lieu de premier choix de la communication… sarkozyste. Ainsi, l’un des principaux pourvoyeurs d’ »informations » de «La mare aux canards» ne serait ni plus ni moins que Brice Hortefeux, actuel ministre de l’immigration et de l’identité nationale et ami de très longue date du chef de l’Etat.
Pour cela, le ministre Hortefeux (photo) s’appuierait sur deux journalistes dont il est proche, Frédéric Haziza, pigiste politique au Canard enchaîné, et Jean-Noël Tassez (également homme d’affaires…), qui fréquente assidûment le directeur de l’hebdomadaire, Michel Gaillard, lors de ses fameux apéros du mardi soir au bar le Normandy, dans le centre de Paris. «Sarkozy s’est servi de la 2 tout au long de la campagne électorale pour motiver ses troupes et faire passer des messages», assure aux auteurs un pigiste du Canard sous couvert d’anonymat.
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De gênantes subventions
Mais les plumes du Vrai Canard ne s’arrêtent pas là. Elles racontent par le menu comment une association de défense de la mémoire du chevalier de Saint-Georges (premier compositeur noir de la musique occidentale) a touché plusieurs dizaines de milliers d’euros de subventions de l’administration Sarkozy pour l’organisation, le 10 mai dernier, de la cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage.
Or, cette association est présidée par Alain Guédé, un journaliste du Canard enchaîné que l’on a d’ailleurs pu voir en photo en compagnie de Nicolas Sarkozy à la Une du Parisien dimanche à cette occasion. «Ce n’est pas tous les jours que des ministères sarkozystes ont l’occasion de contribuer aux bonnes œuvres d’un journaliste du Canard enchaîné», commentent les deux auteurs du livre.
Ceux-ci sont aussi allés fureter derrière quelques scoops du journal pour tenter de confirmer la thèse d’une proximité avec Nicolas Sarkozy et ses amis. Ainsi, les auteurs se souviennent que la retentissante affaire de l’appartement d’Hervé Gaymard est sortie quelques jours seulement après que le ministre de l’Economie eut déclaré à Sarkozy maintenir son attachement à Jacques Chirac.
Cette citation de Gaymard, initialement publiée dans L’Express, est rapportée: «Quelque temps auparavant [la sortie de l'affaire], Nicolas Sarkozy m’avait demandé si j’étais avec lui. Je lui avais rappelé ma fidélité à Jacques Chirac. Il m’avait répondu que, puisque je n’étais pas avec lui, c’est que j’étais contre lui, et qu’il en tirerait toutes les conséquences. Peu après, le Canard sortait l’affaire, je démissionnais du gouvernement et Brice Hortefeux se vantait lors d’un dîner d’avoir organisé l’opération.» Il n’en demeure pas moins que les largesses immobilières dont la famille Gaymard a pu profiter pendant des années étaient parfaitement scandaleuses.
Le duo Valdiguié/Laske pointe également la proximité du Canard avec l’avocat de Nicolas Sarkozy, Me Thierry Herzog, au moment de l’affaire Clearstream. Mais aussi les égarements d’un journaliste maison sur un hypothétique compte bancaire de Jacques Chirac au Japon. Le journal avait titré le plus fameux de ses papiers sur le sujet: «Du faux compte Sarkozy au vrai compte Chirac». L’article avait paru en 2006, soit au plus fort de la guerre chiraco-sarkozyste… Or, jamais le commencement d’une preuve de l’existence dudit compte chiraquien n’a été avancé par Le Canard. >>
A rapprocher du livre-brûlot sur la face cachée du Canard : « Le vrai Canard, enquête sur les coulisses du Canard Enchaîné »
Alors, le Canard sert-il de 5e roue du Carrosse à certaines forces pro-NWO ?
Et pan sur le bec !
Et sinon, si tout cela est faux ou manipulé, qui donc veut la peau du Volatile, comme le prétend le Canard lui-même ? Et pourquoi ?
A chacune de se forger son opinion, un blog spécial est dédié à cette question de la dépendance possible du Canard à des forces occultes mais très, très puissantes…
Livre Le Vrai Canard :
Présentation de l’éditeur
Attention : terrain délicat, mouvant, piégé, passionnel, passionnant. Il était une fois un journal satirique paraissant le mercredi qui écornait tous les pouvoirs, séculiers et réguliers, qui n’était lié à aucun parti, ne dépendait d’aucun budget publicitaire, et n’avait d’autre souci que railler, en un temps d’ordre et de censure. Sous la guerre d’Algérie, Le Canard enchaîné fut un des lieux de résistance, notamment de protestation contre la torture. On l’achetait pour rire, pour lire les délicieuses chroniques de la Cour, pour s’assurer qu’en France les libertés publiques n’étaient pas mortes. Au tournant des années 1970, le journal change complètement. D’équipe, de projet, de nature. Il soutient expressément les socialistes qui vont accéder au pouvoir. Et surtout, il se mue en journal d’investigation et d’influence. Les vingt-cinq permanents (les mieux payés de la profession) s’entourent d’une armée de collaborateurs de l’ombre cela va des amis politiques aux agents secrets, de la garde rapprochée de Mitterrand à Jean Montaldo, des juges aux justiciables.
Un journal d’influence, cela veut dire un journal qui influence et un journal qui est influencé. On sait aujourd’hui que l’affaire des diamants de Bokassa fut un coup monté par les gaullistes contre Giscard, que les micros clandestinement posés au Canard ne furent pas, comme l’écrivit le journal, découverts par hasard, que la feuille d’impôts qui coûta sa carrière à Jacques Chaban-Delmas n’est pas sortie de nulle part. On sait que le dossier Papon fut fouillé de près, à bon droit, mais que le dossier Bousquet ami de Mitterrand fut opportunément refermé. On flaire que Boulin à droite, Bérégovoy à gauche, tous deux suicidés, furent indirectement flingués par des amis qui leur voulaient du bien. C’est cette saga que racontera le livre. Avec minutie et sans hargne aucune. Le Canard, les auteurs l’aiment bien.
Mais, puisqu’il fait la morale à tout le monde, il est temps qu’à son tour il devienne objet d’une investigation rigoureuse.
L’auteur vu par l’éditeur
Animateurs du collectif de journalistes d’investigation Victor Noir ; Karl Laske, journaliste à Libération et Laurent Valdiguié, journaliste à Paris-Match, ont déjà coordonné deux enquêtes sur Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ; Nicolas Sarkozy ou le Destin de Brutus (2005) et Putsh au PS (2007) aux éditions Denoël. Cette enquête sur le Canard enchaîné a mobilisé d’autres journalistes de la presse quotidienne et hebdomadaire.
Notre avis : Nous n’avons pas pris connaissance du contenu précis de ce livre, mais il est toujours intéressant de connaître l’envers d’un décor souvent très « policé », même là où on ne l’attend pas.